A télécharger
Spécial Teratec – HPC
Le HPC peut-il être démocratisé ?
Thomas VARLET - Ingénieur Systèmes HPC – Microsoft
Jean-Christophe BARATAULT - Responsable Europe des ventes Tesla - nVidia
Olivier DAVID - Directeur des alliances ISV - Bull
Dominique LEFEBVRE - Directeur de Produits - ESI
Christian GLADIEUX - Rédacteur en Chef – Cad Magazine :
Le HPC est une technologie clé. De plus en plus d’acteurs s’y intéressent, mais quelques fois cette technologie clé est difficile d’accès pour les entreprises, notamment pour les industriels.
Pour aborder le thème de ce HPC, j’ai avec moi un plateau très représentatif de l’Industrie et de ses moyens. Je vais commencer par vous Thomas VARLET, bonjour, vous êtes Ingénieur Systèmes HPC chez Microsoft. De l’autre côté, Jean-Christophe BARATAULT, bonjour, vous êtes Responsable Europe des ventes Tesla chez nVidia. En face de vous se trouve Olivier DAVID, bonjour, vous êtes Directeur des alliances ISV chez Bull. Et enfin, nous avons Dominique LEFEBVRE, bonjour, Directeur Produits chez l’Editeur ESI.
Première question pour vous, Jean-Christophe BARATAULT : nVidia, jusqu’à maintenant, est très connu pour sa technologie des accélérateurs graphiques que l’on trouve dans les stations de travail, les GPU, mais depuis quelques temps on trouve de plus en plus de GPU liés à l’appellation HPC. Qu’en est-il ? Quel est aujourd’hui l’état de l’art en matière de HPC, et à quoi servent les GPU ?
Jean-Christophe BARATAULT - Responsable Europe des Ventes Tesla nVidia :
Juste un petit historique rapide ; c’est en 2007, donc il y a 5 ans, qu’on a introduit cette technologie. Donc effectivement, une bascule par rapport à un monde d’utilisateur individuel « je » station de travail professionnelle vers ce qu’on a baptisé le HPC. On n’avait pas forcément la crédibilité ni l’image de marque, il a fallu la construire, donc bâtir un ensemble, un écosystème avec des partenaires tels ceux présents autour de la table ; Microsoft, Bull et ESI. Un écosystème pour convaincre, pour séduire, tout simplement parce qu’il y a un besoin accru de simulation pour tous les industriels, que ce soit la PME ou le très grand groupe, ils sont confrontés à cette réalité qui pour produire le produit en temps et en heure, faire le maximum de simulations. Donc en utilisant le GPU, c’est rajouter un turbo au processeur ou au CPU classique. Donc, c’est décupler la possibilité d’effectuer des simulations ou raccourcir le temps de traitement d’une application. Donc pour nVidia, c’est stratégique, absolument stratégique parce que c’est une évolution du marché, et l’on a fait là il y a quelques semaines des annonces majeures sur l’évolution de notre gamme, aussi bien au niveau matériel que logiciel.
Christian GLADIEUX :
En quelques mots, de quoi s’agit-il ?
Jean-Christophe BARATAULT :
Une nouvelle architecture GPU baptisée Kepler, qui augmente un point clé, qui est la performance par Watt, puisque la consommation électrique est un facteur extrêmement important. Également, des nouveaux formats de produits où l’on quitte le format traditionnel de la carte graphique, pour avoir plus de performances, il fallait que ce soit plus long, plus large, que ça consomme plus, là on arrive sur des facteurs de forme beaucoup plus économiques et par exemple ce type.
Christian GLADIEUX :
Vous nous avez amené quelque chose.
Jean-Christophe BARATAULT :
Pour vous montrer que maintenant le GPU rentre dans ces serveurs, dans des Blades, sous la forme d’un petit module, sans aucun compromis en termes de puissance. L’idée, l’objectif est d’augmenter la densité de calcul, donc avoir pour l’industriel, pour la PME, le maximum de performance dans un encombrement réduit.
Christian GLADIEUX :
Est-ce qu’on peut espérer, grâce à ces nouvelles technologies, disposer dans les mois, voire années qui viennent, de solutions calcul Hardware type HPC accessibles pour des PME/PMI ? Soit en termes économiques, mais également en termes de facilité d’utilisation ?
Jean-Christophe BARATAULT :
C’est déjà le cas, et notre partenaire Bull par exemple, ça fait deux ans qu’il les expose, un serveur avec les modules nVidia intégrés, donc offre aussi bien pour les PME que les Grands Comptes, une initiative en France spécifique dans le cadre du Gene6 et Equipate Mezzo.
Christian GLADIEUX :
Vous pouvez nous expliquer ce qu’est le Gene6 ?
Jean-Christophe BARATAULT :
C’est une émanation du Ministère de l’Education Supérieure et de la Recherche qui est le représentant français et au sein de l’Europe, l’Europe informatique. Également, le bras armé pour investir au niveau local, donc la recherche et développement, les laboratoires et par extension les PME/PMI. Il y a des budgets qui sont affectés aux régions, aux partenaires recherche et développement. À charge pour eux de faire l’acquisition des compétences, et de délivrer ces compétences auprès des PME. Pour les PME qui n’ont pas forcément les compétences, l’argent, le savoir-faire, c’est de pouvoir utiliser le HPC indirectement.
Christian GLADIEUX :
Très bien. Thomas VARLET, Microsoft depuis quelques années s’intéresse au HPC. Vous avez sorti, je crois il y a trois ans, Windows HPC Server 2008 R2 – l’appellation est assez longue – vous avez lancé il y a aussi quelques temps un service qui s’appelle Azure. Quelques détails déjà sur Windows HPC Server, et puis après vous nous parlez un petit peu de ce nouveau service qui s’appelle Azure ?
Thomas VARLET – Ingénieur Systèmes HPC – Microsoft :
Effectivement, Windows HPC Server continue à évoluer. On vient juste d’annoncer un service Pack4, la solution qui rajoute des fonctionnalités. On va également, pour la sortie de Windows Server 8, avoir une nouvelle version, avec des nouvelles fonctionnalités.
Christian GLADIEUX :
Le but de cet outil, c’est bien de permettre à une entreprise qui a un cluster de calculs de manager ses jobs avec plus de facilité qu’avec un système classique Linux, c’est bien ça ?
Thomas VARLET :
C’est du Windows. En fait, c’est un outil qui permet de porter un Workflow HPC sur une plateforme Windows.
Christian GLADIEUX :
Mais habituellement, c’est plutôt du Linux, c’est ça que je voulais dire ?
Thomas VARLET :
Traditionnellement, dans la partie manufacturing, c’était du Linux et on travaille de plus en plus pour fournir une solution qui soit adaptée aux besoins. Et l’idée, c’est effectivement depuis un ensemble de machines sous du Windows Server, du Windows 7 et du Windows Azure, d’avoir une possibilité de passer à un Workflow HPC.
Christian GLADIEUX :
Donc, c’est plus simple finalement pour l’utilisateur, c’est plus l’argument Microsoft ?
Thomas VARLET :
C’est exactement le but, c’est-à-dire fournir quelque chose qui est assez facile à installer et administrer, tout en ayant la possibilité d’arriver dans des solutions plus complexes.
Christian GLADIEUX :
Donc, un OS plus simple aujourd’hui. Et côté Windows Azure aujourd’hui, c’est du Cloud ?
Thomas VARLET :
C’est du Cloud public. Donc, Windows Azure existe depuis un certain nombre d’années déjà, il évolue au rythme de ce qu’on appelle la Spring Realise et la Fowl Realise. Deux fois par an, il y a des annonces qui sont faites. On a juste annoncé la semaine dernière effectivement un rajout d’un certain nombre de fonctionnalités autour de l’IAS.
Christian GLADIEUX :
Qu’est-ce que c’est que l’IAS ?
Thomas VARLET
C’est Infrastructure Aso Services, c’est la possibilité d’une certaine forme d’hébergement de machines virtuelles, et la possibilité de faire ça.
Christian GLADIEUX :
C’est juste au-dessus du PAS ?
Thomas VARLET :
Plateforme Aso Services où là cette fois-ci nos clients ou nos partenaires hébergent leur application et données et on gère tout ce qu’ils ont en dessous. Depuis l’OS jusqu’à la machine physique, nous on gère tout ce qui est infrastructure jusqu’à l’OS, et nos clients nos partenaires hébergent des machines dans Azure. D’un point de vue Microsoft, les deux maintenant sont fortement liés, en termes aussi bien d’engineering, parce que l’engineering HPC est dans l’indivision d’engineering Azure, donc il y a de plus en plus de synergies qui arrivent. Globalement, on a 3 cibles ; on a ce qu’on appelle le « On premiste », c’est-à-dire les Clusters qui sont chez nos clients, sur du Hardware. On parle de « Hybride » où on a effectivement une base chez nos clients, et ils utilisent une partie des ressources dans Azure pour pouvoir faire du vrai Cloud public. Et puis, on a aussi des solutions qui permettent d’avoir des solutions complètement hébergées dans le Cloud.
Christian GLADIEUX :
Est-ce que c’est la stratégie Microsoft pour essayer de démocratiser le HPC, grâce à cette offre de service ?
Thomas VARLET :
Ces trois scénarios correspondent effectivement à la volonté, c’est-à-dire qu’il y a trois ans on était très focalisés sur du Windows Server, et de plus en plus on ouvre en termes de domaines d’activités clients et de possibilités.
Christian GLADIEUX :
Vous visez qui avec Azure ? Vous avez une cible spécifique ? Les PME, les grands groupes ?
Thomas VARLET :
Tous. Après effectivement on voit des adoptions, il y a toujours les « early adopters » qui arrivent parce que le Work Cloud ça pourrait être bien, parce qu’ils ont l’infrastructure qui permet de le faire. Et après, les autres arrivent.
Christian GLADIEUX :
Olivier DAVID, Bull a lancé il y a maintenant un an et demi la première offre de calcul numérique haute performance sur le Cloud, ça s’appelle Extrême Factory. On peut en faire un petit bilan aujourd’hui ? Qui sont les utilisateurs ? Combien il y en a, si on peut en parler ? Qu’est-ce qu’ils font avec ce service ?
Olivier DAVID – Directeur des alliances ISV – Bull :
C’est une offre effectivement qui a été lancée il y a un peu plus d’un an maintenant. Elle a entre 25 et 30 clients – je n’ai plus le nombre exact en tête – ce sont des millions d’heures de calculs déjà qui ont été utilisées par tous ces clients. La plupart des clients viennent du monde justement de l’Industrie et du manufacturing, donc ce qui est intéressant. On a différents profils représentés, aussi bien des Grands Groupes, des PME, ou des départements à l’intérieur de grands groupes qui ont leur propre politique qui peut diverger par exemple de la maison-mère. Différents logiciels applicatifs ; on travaille par exemple avec ESI Groupe, mais avec bien d’autres. C’est une offre qui va se décliner prochainement dans une version Cloud privé également, donc on en a déjà plusieurs installés.
Christian GLADIEUX :
Aujourd’hui, pour l’instant, c’est uniquement un Cloud public qui permet d’utiliser des logiciels comme ceux fournis par ESI Groupe, pour des industriels ou des entreprises qui envoient leurs calculs sur le Cloud, c’est bien ça ?
Olivier DAVID :
Absolument, et c’est une offre qui s’intègre complètement dans l’offre de l’indivision Extrême Computing de Bull, qui est spécialisée sur le HPC, où on fabrique des supercalculateurs complets, intégrés, prêts à l’emploi. On conçoit nos propres serveurs, on conçoit tout ce qui va avec, c’est-à-dire les logiciels, les environnements par exemple de production, tout ce qui est économies d’énergie, par exemple on conçoit des Blades qui sont refroidis à l’eau, avec de l’eau chaude qui circule à l’intérieur pour refroidir, parce que les Cheap fonctionnant à des températures très supérieures à 170°C, on peut refroidir avec de l’eau à 30 ou 40°C, qui est beaucoup plus simple à générer que de l’eau glacée comme on trouve traditionnellement dans les salles informatiques. Donc des économies d’énergie très importantes ; on arrive à des chiffres de PUE – excusez-moi pour le terme technique, je ne suis même pas sûr de savoir exactement le terme, ça doit être Power Unit Efficiency je pense – où on est inférieurs à 1,1 avec ces technologies, c’est-à-dire qu’en gros pour une unité informatique dépensée par le serveur, on est inférieurs à 0,1 pour tout ce qui est l’énergie dépensée autour, pour la climatisation, le refroidissement, l’alimentation, etc.
Christian GLADIEUX :
En quelques mots, que permet aujourd’hui de faire Extrême Factory ? Quelles sont les applications qui sont disponibles sur cette offre en termes logiciels ?
Olivier DAVID :
En termes de logiciels, toutes les grandes applications traditionnelles de l’Industrie pour le manufacturing sont présentes, c’est-à-dire aussi bien les applications de mécanique des fluides, tous les grands éditeurs de mécanique des fluides ont des clients avec nous sur Extrême Factory. On travaille avec les gens qui ont des solutions aussi de crashs.
Christian GLADIEUX :
ESI Groupe notamment.
Olivier DAVID
Particulièrement ESI Groupe.
Christian GLADIEUX :
Les clients payent à la demande ?
Olivier DAVID :
Il y a plusieurs systèmes qui sont disponibles ; soit les gens travaillent dans un domaine plus HPC à la demande que Cloud où ils réservent à l’avance un certain nombre de processeurs pour une certaine durée et ils en ont l’usage exclusif pour le temps qu’ils ont réservé, soit on a un fonctionnement qui est plus proche du mode Cloud traditionnel où les gens viennent sur la machine quand ils le souhaitent et utilisent les applications quand ils le souhaitent, et ils sont facturés à posteriori à l’usage de ce qu’ils ont calculé.
Christian GLADIEUX :
Pour vous, le bilan est positif globalement ? C’est stable ou il y a une recrudescence de clients ?
Olivier DAVID :
Le bilan est extrêmement positif, c’est un marché qui doit se développer énormément dans les années à venir, donc Bull va continuer à investir dans ce domaine. Nous allons créer d’ailleurs, avec le soutien de l’État, une société qui s’appelle Luminnov, qui sera donc une filiale de Bull, qui sera spécifiquement chargée de commercialiser ces produits, et qui va avoir tous les moyens nécessaires pour développer cette offre et la faire croître de manière exponentielle.
Christian GLADIEUX :
Il faudra revenir sur les plateaux de Manufacturing.fr pour en parler à ce moment-là.
Olivier DAVID :
Bien entendu, à la rentrée !
Christian GLADIEUX :
Je me tourne vers l’un de vos partenaires justement, Dominique LEFEBVRE, quelle est l’implication d’ESI Groupe– je ne sais pas si on dit SI Groupe ou ESI Groupe aujourd’hui ?
Dominique LEFEBVRE – Directeur produit – ESI :
ESI Groupe.
Christian GLADIEUX :
ESI Groupe qui est un éditeur de logiciels dans le domaine de la simulation numérique, très connu notamment dans le domaine du crash, mais aussi dans la simulation de process. Quelle est aujourd’hui l’implication de votre entreprise pour essayer de démocratiser ce calcul numérique et pour en faire profiter le plus possible d’entreprises ?
Dominique LEFEBVRE :
Je dirais qu’il y a plusieurs axes à développer. ESI Groupe se spécialise dans ce qu’on appelle au sens large le prototypage virtuel. Qu’est-ce que cela veut dire ? Ça veut dire qu’il faut être capable de remplacer le prototype physique que l’on va soumettre à des tests divers et variés par un prototype virtuel, d’où la simulation. Mais ça n’est pas la simulation d’un seul domaine, c’est vrai qu’ESI est particulièrement connu pour le domaine du crash, mais je dirais que nos domaines d’applications sont très étendus. Pourquoi ? Un industriel qui a son produit doit pouvoir tester ce produit au travers de différents domaines, que ce soit l’acoustique, le crash est un domaine d’applications particulier, ça peut être la vibratoire. Et on s’aperçoit très vite que pour pouvoir tester ce prototype, il faut être capable aussi de maîtriser sa fabrication, d’où toute la gamme de produits que l’on a sur les procédés de fabrication.
Christian GLADIEUX :
Dans le domaine de la forge, du soudage ?
Dominique LEFEBVRE :
Pas de la forge, non. Par contre, on a le soudage, l’emboutissage et la fonderie. Et qu’il faut aussi pouvoir tester ce prototype virtuel dans son environnement. Qu’est-ce que ça veut dire dans son environnement ? Ça veut dire typiquement la mécanique des fluides fait partie de cette catégorie ; que se passe-t-il s’il on met un véhicule à telle vitesse avec un écoulement de fluides autour. Mais, qui peuvent être aussi d’autres domaines comme l’électromagnétisme, de plus en plus d’électronique embarquée qui pose des problèmes d’électromagnétisme. Et je finirais par dire aussi de visualiser ce prototype, de le visualiser de la manière la plus réaliste possible, d’où l’extension récente qu’ESI a faite au niveau de la réalité virtuelle. Un prototype physique, si on veut pouvoir couvrir tous ces différents domaines, remonter jusqu’à l’aspect de fabrication, on se doute bien que ça doit faire appel à des puissances de calcul et des moyens de calcul qui sont conséquents. Mais, je dirais que ces moyens de calcul doivent être dimensionnés par rapport à ce que l’on souhaite faire ; autant un calcul de crash très détaillé peut demander d’énormes ressources, autant la simulation d’un procédé de fabrication standard peut être beaucoup moins gourmand. Par contre, il est clair que le profil des clients est souvent très différent, donc on va avoir une segmentation des utilisations entre les gros clusters de calcul, qu’ils soient internes voire même externalisés maintenant, et des PME qui vont avoir des besoins peut-être moindres, mais on s’aperçoit que ces besoins augmentent de plus en plus. Le challenge, pour ESI comme pour les différents intervenants, est de pouvoir fournir des solutions qui soient performantes et qui répondent aux besoins des grands groupes, des gros moyens de calcul, des infrastructures lourdes à gérer, et des clients plus PME qui vont avoir des besoins ponctuels, qui vont avoir besoin de flexibilité, mais aussi d’une certaine puissance de calcul.
Christian GLADIEUX :
Est-ce qu’on peut aborder le point un petit peu quelques fois difficile, le problème de la tarification ? Aujourd’hui, tous les éditeurs ont des politiques quelque peu différentes sur la manière dont ils font payer les clients au nombre de nœuds utilisés dans le calcul. Comment ça se passe chez ESI ?
Dominique LEFEBVRE :
Le nombre de nœuds est un facteur, mais ça n’est pas le seul. C’est un vaste sujet. La valeur d’une application, c’est plus par rapport à ce que le client retire comme valeur. Donc, le fait de pouvoir faire des calculs de plus en plus détaillés, de plus en plus rapidement, représente une certaine valeur que l’on essaye de refléter dans le coût d’utilisation de nos logiciels. Ceci dit, ça n’est pas le seul facteur, et ça n’est pas du tout un facteur proportionnel comme on pourrait l’imaginer.
Christian GLADIEUX :
C’est ce que vous voulez dire ?
Dominique LEFEBVRE :
Tout à fait.
Christian GLADIEUX :
D’accord, mais quelle est votre politique en termes de tarification ? Est-ce qu’un utilisateur des produits ESI qui utilise une solution à travers Extrême Factory, ou pas, a besoin d’utiliser un code parallélisé pour aller plus vite, et donc il a besoin de diffuser son calcul sur un plus grand nombre de cœurs. Beaucoup d’industriels se posent la question ; combien de cœurs je dois utiliser ? Combien ça va me coûter ? Comment gérer cet aspect qui est quelque peu limitant pour les PME ?
Dominique LEFEBVRE :
Ça se gère un petit peu différemment dans le sens où le dimensionnement du cluster de calcul va se faire plus par rapport au temps de retour que l’on attend. Ce n’est pas tellement une démarche où je veux en prendre le maximum possible, c’est plus par rapport au délai de retour des résultats que le client attend. En fonction de la configuration qui sera définie, qui peut être de dix cœurs, voire des nombres très importants, il y aura une tarification particulière. Ensuite, vous avez différents modes d’utilisation du logiciel ; le mode standard qui était notre mode traditionnel jusqu’à encore maintenant, qui est le droit d’utilisation annuel, on voit que ce mode d’utilisation commence à se transformer. Il se transforme avec l’arrivée du Cloud Computing, il se transforme à des tarifications vers « à la demande », c’est-à-dire que le client va effectivement payer ce dont il a besoin. Et ce que recherche le client, c’est plus la flexibilité, la flexibilité d’avoir peut-être une configuration en interne qui lui permette de faire un certain nombre de choses, et une possibilité qui peut être externe d’augmenter ces moyens de manière ponctuelle ou plus prolongée.
Christian GLADIEUX :
Tout le monde, plus ou moins, autour de cette table s’accorde à dire que le HPC recouvre des enjeux importants pour les entreprises, mais sur le plan pratique, est-ce que vous rencontrez dans votre quotidien des entreprises, et notamment des industriels, qui sont intéressés par cette technologie et qui vous interrogent ? Jean-Christophe BARATAULT, comment ça se passe sur le terrain ?
Jean-Christophe BARATAULT :
Absolument, comme je vous l’ai dit précédemment, il fallait déjà que l’on crédibilise notre offre, donc il nous a fallu du temps pour bâtir l’écosystème, l’ensemble d’outils. Et on a cette antériorité dans le monde de la station de travail, avec les plus grands acteurs français, et PME dans le manufacturing, l’avionique et autres qui sont confrontés à ce besoin, soit au niveau du groupe, soit au niveau d’un métier, d’une équipe. Donc, ils ont commencé à mettre en œuvre ces outils-là, et effectivement on se rend compte que la parallélisation du code, c’était un facteur limitant. Donc, on travaille par exemple avec ESI Groupe depuis quelques années à échanger technologiquement, c’est un dialogue d’ingénieur à ingénieur, concernant l’aide à ESI pour porter son application et que justement les clients puissent en bénéficier par la suite. Après, en bénéficier sous forme d’une offre Cloud ou autre, soit sur une station de travail au bureau de l’ingénieur, soit sur des configurations beaucoup plus larges.
Christian GLADIEUX :
Même question ?
Thomas VARLET :
Moi, je vois un vrai besoin d’intégration conseil. M’adressant assez souvent à des PME/PMI, ce sont des gens qui sont très bons en mécanique des fluides, en crash, etc. Toutefois, dès qu’on parle d’un Cluster, les questions sont : quelle quantité de mémoire ? Dois-je utiliser de l’infini bord ou pas ? Dois-je utiliser des GPU ? Etc. Il y a un vrai besoin à ce niveau-là de conseils, être capable d’analyser un Workflow, être capable de créer une architecture, être capable de conseiller pour pouvoir avancer. Je crois qu’on a un petit peu parlé de tout ce qui est démocratisation du HPC, surtout dans les petites structures, il y a un vrai besoin dans ce domaine-là.
Christian GLADIEUX :
De formation, de conseils ?
Thomas VARLET :
Conseil d’intégration également. C’est très bien d’acheter 10 boîtes, il y a un moment où il va falloir constituer un Cluster, il va falloir installer des applications, il va falloir expliquer comment gérer ces machines, comment gérer ces ressources. J’ai des exemples de clients qui, le job scheduler c’était un tableau Velléda il y a encore 4 ans, ça marche très bien, ce n’est pas le plus efficace. L’idée, c’est derrière d’être capable d’arriver à prendre des machines Bull avec un GPU, avec un Windows HPC Server pour du ESI, et à un moment être capable de dire « vous avez un certain nombre d’utilisateurs, il va falloir travailler de telle manière et d’être capable d’intégrer tous ces éléments ». et je pense que c’est là où est toute la valeur, une vraie valeur. Et après, pouvoir conseiller effectivement « le Cloud, oui/non, dans quel usage, pourquoi, etc. ».
Olivier DAVID :
L’autre grand problème des PME, très souvent, c’est de lisser leurs charges de calcul. Une PME ce n’est pas comme un grand groupe qui a des moyens de calcul à sa disposition, qui se débrouille pour répartir à peu près sa charge de travail sur l’année.
Christian GLADIEUX :
Et donc de rentabiliser son projet d’investissement ?
Olivier DAVID :
Elle va avoir un projet pendant quelques semaines, quelques mois, pour un sous-traitant ou pour un gros donneur d’ordres, et elle ne peut absolument pas se permettre de dimensionner ses moyens de calcul pour un projet de quelques mois. Et termes de rentabilité, ça n’aurait absolument aucun sens. Donc, la possibilité aujourd’hui de disposer de moyens de calcul à des coûts abordables sur Internet avec une offre comme Extrême Factory leur apporte une solution qui leur permet d’être rentable et de délivrer des projets qu’ils n’auraient pas pu simplement réaliser ou qu’ils auraient réalisé dans des délais beaucoup plus étendus s’ils ne disposaient pas aujourd’hui de cette solution.
Christian GLADIEUX :
Donc, on le comprend finalement, le Cloud c’est une solution pour accéder au HPC, mais est-ce que c’est la seule, et est-ce que c’est la plus adaptée pour le monde industriel qui n’est pas habitué véritablement à travailler dans ce type d’organisation où quelques fois leurs données transitent ? Ils ont une certaine peur à voir ce type d’installation se mettre en place dans leur structure. Est-ce qu’il y a d’autres solutions que le Cloud ?
Thomas VARLET :
C’est une des solutions. Ce qui leur fait un petit peu peur en général, c’est le Cloud public où effectivement il y a des questions plutôt naturelles ; la sécurité, si je mets mes données chez Extrême Factory ou chez Windows Azure ou dieu sait dans quel Cloud, est-ce qu’elles vont être partagées ? Est-ce que tout le monde va pouvoir y accéder ? La réponse est non. J’ai tendance à considérer qu’un client sérieux qui s’intéresse au Cloud pose effectivement cette question en premier ; mes données et la sécurité, et plein de questions de ce domaine-là. Pour travailler pas mal dans le domaine des entreprises, il y a énormément de réflexions qui sont faites, de plus en plus, alors ce n’est pas forcément que dans le domaine du HPC, mais la question du Cloud se rencontre de plus en plus dans à peu près toutes les tailles de sociétés.
Christian GLADIEUX :
Est-ce que vous pensez qu’il n’y a pas d’autres freins à cette démocratisation du HPC, où on parle de la sécurité des données, mais il y a peut-être aussi des difficultés sur le plan compréhension des systèmes, sur le plan de la traçabilité des échanges, de la confidentialité, de la mise en place de contrats. Quels sont selon vous les freins principaux que vous rencontrez, et quels sont ceux que l’on peut faire sauter le plus facilement ?
Olivier DAVID :
La sécurité, je dirais que ce n’est pas du tout un problème aujourd’hui, c’est une question que posent tous les utilisateurs, mais on les rassure très vite. D’une part, on est une expertise en sécurité qui est importante, d’autre part un Cloud dans le domaine du calcul est plus facile à sécuriser qu’un Cloud grand public ou une application sur laquelle n’importe qui pourrait être amené à se connecter. On a un nombre de clients qui est limité, qui se compte en quelques dizaines, on connait les adresses IP des gens qui se connectent sur une machine, donc on peut filtrer extrêmement facilement, on ne peut pas avoir des hackers de pays divers et variés qui viennent essayer de forcer les firewalls sur la machine, on n’a pas ce genre de souci.
Christian GLADIEUX :
Ça peut être tout simplement une perte de données, ce n’est pas forcément de la malveillance ?
Dominique LEFEBVRE :
Les risques sont assez faibles.
Christian GLADIEUX :
En tout cas, c’est ce qu’on évoque vis-à-vis de vos offres au début ?
Dominique LEFEBVRE :
Le facteur qui limite le plus, je pense, est encore une fois la facilité d’accès à ce genre d’outil, et aussi une certaine méconnaissance qu’il peut y avoir. Alors, autant un grand groupe va être à peu près au courant, par contre un grand groupe va se poser des questions un petit peu différentes par rapport à l’utilisation, et c’est là qu’il faut effectivement différencier entre un Cloud public, un Cloud pratiquement interne qui est simplement une infrastructure comme dans les locaux, si ce n’est qu’elle est prise en charge par un partenaire. Et puis aussi une certaine méconnaissance par rapport à ce qu’on peut faire avec les applications, parce qu’après tout des puissances de calcul c’est bien, mais il faut des applications sinon ça a peu de valeur. Donc, toutes les possibilités qui existent, qui sont encore à affiner par ce que je pense qu’au niveau des business models, derrière ceci, tout n’est pas encore clairement défini. Mais, je prendrais un exemple que l’on a vécu récemment, sans citer le nom de la société, qui était un problème d’optimisation multi-domaines, sur un composant de l’automobile, la problématique était de l’optimiser sur de la tenue au choc, de l’optimiser en vibratoire, en torsion, et ce genre de phénomène, le but étant d’alléger le poids, ce qui est un des objectifs majeurs dans pas mal d’industries. Le client a très vite fait un petit peu son cahier des charges, et s’est aperçu que pour pouvoir faire cette optimisation en utilisant des outils logiciels, il fallait lancer – si j’ai bonne mémoire – de l’ordre de 250/260 calculs différents, couvrant différents domaines, et certains devant attendre le résultat du précédent avant de pouvoir se lancer. Et qu’avec son infrastructure et ses outils en interne, les délais dépassaient largement le mois. Quand on est dans ce genre de configuration, une possibilité d’étendre ceci au travers d’une solution Cloud sur une durée fixée s’impose très vite. Ce qui nous a permis dans le cas présent par exemple de réaliser cette étude d’optimisation en une dizaine de jours en passant par une solution de type Cloud. En l’occurrence, c’était même un Cloud public.
Thomas VARLET :
Pour les PME/PMI, parfois ils ne voient pas l’intérêt, quel est l’intérêt, pourquoi ils devraient en faire plus ?
Christian GLADIEUX :
Pourquoi elle devrait faire quoi ? Plus de calculs ?
Thomas VARLET :
Plus de calculs. Quel est l’intérêt d’une solution de calculs d’une manière générale ? Pourquoi est-ce qu’ils doivent y aller ? Qu’est-ce que ça va leur apporter ? Ça va leur permettre d’avoir des modèles plus complexes, des temps de résolution beaucoup plus rapides – je pense que vous avez une vidéo qui va arriver avec EURO CFD – j’avais vu des présentations de ces gens-là où effectivement Monsieur LOUESLATI montrait qu’effectivement en termes de revenus, ça leur permettait d’être beaucoup plus réactif, d’avoir des temps de réaction beaucoup plus rapides.
Christian GLADIEUX :
Des temps de réaction de montage plus rapides ?
Thomas VARLET :
Et d’avantage de cas d’études, et même d’être plus compétitifs par rapport à ses concurrents, parce que c’est le cas. Et je voulais juste rajouter une chose par rapport à ce qu’avait dit Olivier qui était que je ne pense pas qu’un Cloud privé soit plus sécurisé qu’un Cloud public. Les Cloud publics se doivent d’être sécurisés. Tout est fait dans les Cloud publics pour que ce soit sécurisé.
Christian GLADIEUX :
Vous y avez tout intérêt, vous ne pouvez pas délivrer un service…
Thomas VARLET :
De toute façon, dès qu’on parle de Cloud, on doit parler de sécurité, et on doit mettre en place de la sécurité, ce n’est pas des serveurs qu’on offre à tout le monde et tout le monde fait ce qu’il veut, non. Il y a énormément de politique de sécurité, de contraintes de certification qui sont passées qui font que tout fournisseur de Cloud se doit d’adresser la question de la sécurité. Et comme je l’ai dit tout à l’heure, toute discussion autour du Cloud commence par une discussion autour de la sécurité ; qu’est-ce que vous faites ? Qu’est-ce que ça veut dire mettre des données chez vous, chez Bull ? Qui y a accès ? Comment ça marche, etc. ?
Christian GLADIEUX :
Pour finir, est-ce que quelqu’un d’entre vous a de nouveau un cas concret d’utilisation de cluster de calculs ou d’infrastructure de type HPC qui pourrait illustrer le thème de ce débat ?
Jean-Christophe BARATAULT :
On a cela dans le cadre du groupe PSA Peugeot Citroën.
Christian GLADIEUX :
C’est déjà la belle grosse PME qui a réussi en tout cas.
Jean-Christophe BARATAULT :
Ainsi que certains de ses sous-traitants, c’est passer de la maquette physique à la maquette numérique. Et un exemple extrêmement précis ; en production de voitures, à un moment donné près de la voiture, ils vont sur un circuit privé et mettent des bandes scotch sur les bas de caisse, ils font tourner la voiture, et ils vont compter et mesurer les impacts de gravillons sur le bas de caisse. Ouah ! Ils mettent 4 blouses bleues et ils y vont, ils font le tour. Avec le GPU, le CPU, sur une station de travail surgonflée, ils peuvent faire cela en temps réel, et ils n’ont pas uniquement sur une bande, mais sur les quatre côtés, et puis jouer sur la taille de la monte du pneu, la largeur, etc., donc avoir en quelques minutes, uniquement en minutes, des résultats qui normalement sont couverts sur deux semaines de tests. Donc, ils réduisent le délai.
Christian GLADIEUX :
Avec un coût j’imagine beaucoup plus faible que d’instrumenter une voiture ?
Jean-Christophe BARATAULT :
L’investissement était l’adaptation d’un code existant ou l’écriture d’un code, très simplement, donc en quelques jours, la finalisation reste un outil qui est en production.
Christian GLADIEUX :
C’est nVidia qui était le partenaire de ce projet ?
Jean-Christophe BARATAULT :
Absolument.
Christian GLADIEUX :
Pour terminer, est-ce qu’on peut essayer de savoir dans quelle direction les uns et les autres vous allez en termes de R&D, de produits applicatifs, peut-être même de business model pour favoriser la démocratisation du HPC vis-à-vis des PME ? nVidia, quels sont les secrets à dévoiler aujourd’hui ?
Jean-Christophe BARATAULT :
Ce n’est pas un secret, on l’a annoncé il y a trois semaines lors d’un évènement majeur aux Etats-Unis, GTC, on regroupait tous nos développeurs et le monde de la recherche sur les cartes VGX, donc une nouvelle carte qui va s’intégrer dans les serveurs. Parce que là on a parlé de Cloud, donc il y a un accès soit via le réseau interne, externe ou vers le wi-fi, on voit que les clients légers, donc les receveurs, les utilisateurs vont utiliser maintenant non plus le PC Destock premier sur le bureau, ça peut être le portable, mais ça peut être de plus en plus le Smartphone ou la tablette, et la tablette rentre dans l’entreprise.
Christian GLADIEUX :
Pour faire du calcul numérique ?
Jean-Christophe BARATAULT :
Absolument, déjà les visualiser. Donc la clé, c’est quoi ? C’est l’expérience qu’on appelle l’expérience utilisateur, c’est se rapprocher de son temps réel, temps réel industrie ou temps réel plus animation de l’image, qui ait la plus faible latence possible. Donc le Cloud, l’émetteur va calculer et va envoyer quelque chose. Il ne va pas envoyer image après image complète, mais capturer une image vidéo, donc il y a dans nos moteurs GPU une partie qui permet l’encodage en temps réel, minimiser, gratter les petites millisecondes indispensables à l’émission. Pareil, le décodeur, le receveur va décoder le plus rapidement possible. Donc l’évolution chez nVidia, c’est que d’un côté le Cloud, la grosse informatique, avec les Form Factor que je vous ai montrés, pouvoir minimiser les temps d’accès, et au niveau du client – et là le client ça peut être vous et moi, ça peut être l’ingénieur, le chercheur – avec son périphérique, son Smartphone, sa tablette avoir un composant nVidia, un système Cheap. C’est le composant Integra que l’on va ouvrir aussi à cette architecture du HPC. Donc, l’émetteur et le receveur.
Christian GLADIEUX :
Donc là, un aspect très technologique. Chez ESI, même chose également, c’est la parallélisation des codes ?
Dominique LEFEBVRE :
C’est plusieurs aspects effectivement ; il y a la parallélisation des codes, il y a l’utilisation que l’on va pouvoir faire des GPU. Aujourd’hui, nous en sommes à l’étape de prototype au niveau de nos logiciels, sachant que pour nous la contrainte est simple, c’est-à-dire qu’on veut avoir une application que l’on puisse maintenir dans le futur, et qui puisse s’adapter sans avoir de multiples versions de nos outils sur différentes plateformes.
Christian GLADIEUX :
Oui, parce qu’il y a la pérennité du matériel.
Dominique LEFEBVRE :
Tout à fait. Donc ce sont des travaux qui sont, de notre côté, en cours. On a des premiers résultats qui sont encourageants, mais je pense que le travail est à poursuivre. Et puis, en termes d’offre par rapport à nos clients, je pense qu’on va essayer de répondre à ce besoin que l’on sent très bien, en termes de flexibilité dans l’utilisation, c’est-à-dire pouvoir effectuer un certain nombre de choses en interne, et pouvoir pour des raisons ponctuelles de pics de charge ou autres, accéder à des ressources supplémentaires pour réaliser les projets qui sont à faire. Et puis, je citerai un dernier exemple où encore une fois on utilise pour de très bonnes raisons d’ailleurs les processeurs graphiques, c’est la visualisation, voire même la réalisation en réalité virtuelle des résultats de simulation, ou dans un sens plus large du prototype virtuel. Notre application de réalité virtuelle fait une utilisation très intensive aujourd’hui des GPU.
Christian GLADIEUX :
Donc là, c’est la compréhension de calcul et son interprétation qui est visualisée ?
Dominique LEFEBVRE :
Voilà. Son interprétation et la compréhension non limitée à des experts, mais qui s’ouvre aussi à différentes équipes au sein d’une société. Et aussi ce que j’appellerai tous les outils de mobilité, c’est pouvoir éventuellement lancer un calcul depuis son IPhone ou autre, ou voire même peut-être pas de visualiser des données complexes de simulation, mais au moins extraire des résultats pertinents et de les visualiser facilement sans contrainte.
Christian GLADIEUX :
Et sans attendre la fin du calcul peut-être aussi ?
Dominique LEFEBVRE :
Éventuellement, tout à fait. Ne serait-ce que d’être informé que le calcul s’est effectivement terminé, et que l’on peut aller rechercher les résultats.
Christian GLADIEUX :
Même chose, Bull, qu’est-ce qu’il y a dans les cartons ?
Olivier DAVID :
Le grand défi qui se pose au calcul pour les années qui viennent, c’est de continuer à augmenter les puissances de calcul, puisqu’on a besoin de continuer à augmenter les puissances de calcul pour gagner en précision, pour faire plus de simulations, qu’elles soient plus réalistes, tout en diminuant les puissances énergétiques dont on a besoin. Aujourd’hui, Bull a installé trois calculateurs pétaflopiques aujourd’hui sur la planète ; deux en France, un au Japon. Ce sont des supercalculateurs qui consomment entre 3 et 10 mégawatts de puissance.
Christian GLADIEUX :
Y compris le système de réfrigération ?
Olivier DAVID :
Pour l’ensemble de la plateforme, mais c’est essentiellement juste pour l’alimentation des serveurs qui composent le supercalculateur. Ces puissances vont être multipliées par 10, par 100, par 1000 dans les années qui viennent. Il est hors de question de pouvoir continuer à multiplier la puissance énergétique par les mêmes montants.
Christian GLADIEUX :
Il faudrait multiplier
Olivier DAVID :
C’est pour cela que je faisais allusion à des technologies de refroidissement extrêmement innovantes, c’est pour cela qu’on utilise de plus en plus de GPU qui permettent d’avoir plus de Flops ou d’opérations de calcul flottantes par watt. Et puis, on travaille dans tous les domaines pour résoudre cette équation qui est cruciale.
Christian GLADIEUX :
Le bilan énergétique ?
Olivier DAVID :
Absolument.
Christian GLADIEUX :
Thomas VARLET, Microsoft ?
Thomas VARLET :
Le Cloud, tout en gardant un besoin pour la partie locale, mais effectivement nous avons un brillant avenir pour le Cloud dans le HPC.
Christian GLADIEUX :
Mais toujours avec les trois architectures possibles ?
Thomas VARLET :
Toujours les trois architectures qui sont : pure chez vous, une partie hybride avec une partie chez vous une partie chez nous, et une dernière partie qui serait purement en Cloud. Et il me semble que ce qu’on a annoncé avec CD Adapco à leur User Conférence à Amsterdam, la disponibilité d’un package qui serait ce qu’on appelle le Windows Azure HPC Scheduler plus Star CCM+. L’idée est toute simple, je la trouve brillante, c’est juste d’avoir un package, quand j’ai un besoin à un moment donné parce que j’ai un projet, etc., je déploie ce package dans Azure et j’utilise le besoin. Et en plus, l’éditeur en question a effectivement une politique en termes de licencing très pensée Cloud, je crois que ça s’appelle le HPC on demande, Power Sessions, qui est effectivement un mode de consommation pur Cloud. Et ça, je pense qu’effectivement ce genre d’initiative va permettre à des PME/PMI d’une façon assez simple de pouvoir faire des simulations à grande échelle. Et je crois beaucoup au travail avec les différents éditeurs de logiciels, tout vient par les éditeurs de logiciels, c’est-à-dire que le besoin vient par quelqu’un qui fait de la mécanique de fluide et du crash, qui dit j’ai besoin de visualiser tel besoin et ma station ne marche plus ; il a effectivement le choix d’en rajouter des stations, ce qui arrive parfois, où à un moment il va constituer un cluster ou effectivement si ce sont des besoins ponctuels de passer par le Cloud.
Christian GLADIEUX :
Ce sera le mot de la fin. Merci à tous les quatre d’avoir participé à cette table ronde, et puis à une prochaine fois sans doute sur Manufacturing. Fr pour aborder un autre sujet dans le domaine toujours du calcul. Merci à tous.