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Exclusif – Arnaud MONTEBOURG
Le discours « de politique générale »
Vive le redressement productif de notre pays, vive la République et vive la France !
Guy FAGES – Rédacteur en Chef – Manufacturing.fr :
Vous venez d’entendre les dernières paroles d’Arnaud MONTEBOURG, en pleine forme, lors d’un séminaire de travail intitulé « Comment réconcilier la France avec son Industrie ? ». Cette réunion organisée par l’agence de conseil MNM regroupait les principaux protagonistes ; Yvon JACOB, Jean-François DEHECQ, Luc ROUSSEAU, Pierre GATTAZ et Arnaud MONTEBOURG, le Ministre du Redressement productif. Il nous explique : la bataille est dure et cruelle. Il indique aussi les principaux points qu’il veut changer avec le Gouvernement, il fait le bilan, mais il dessine également les contours de la future Banque Publique d’Investissement. C’est pour vous, c’est sur Manufacturing et c’est une exclusivité.
Arnaud MONTEBOURG – Ministre du redressement productif :
Nous vivons une période d’affaissement industriel. Pas seulement d’ailleurs en France, et le modèle allemand, comme on le surnomme à tort car il n’est modèle que pour les allemands, est trompeur. Beaucoup de dégâts industriels ont été enregistrés, des sinistres dans tout le continent européen, ce qu’on a appelé la « vieille Europe industrialisée » qui subit, c’est vrai, des rééquilibrages mondiaux sur la carte du monde, entre des centres de gravité qui évoluant font apparaître la naissance de géants, émergeants et maintenant émergés, asiatiques ou latino-américains. La bataille pour le maintien des capacités de production, des innovations technologiques dans la compétition mondiale est aujourd’hui extrêmement dure, elle est même parfois cruelle. Nous devons donc, et c’est un des choix du Président de la République, j’avais été l’un de ceux, ils sont nombreux dans tous les partis politiques, je me souviens que ce qu’avait dit Monsieur BAYROU, de ce qu’avait déclaré aussi d’une certaine manière l’ancien Président de la République, même si en étant au pouvoir ses actes sont regardés plus facilement de près, il est évident que la question industrielle est redevenue centrale pour nous. Et ce n’est pas pour rien que le Président de la République a souhaité, c’est son choix, intituler le Ministère dont il m’a confié la charge, le Ministère du « redressement productif ». D’abord, que cela veut-il dire ? On nous dit « Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire de redressement ? ». D’ailleurs, ça a donné lieu à un certain nombre de plaisanteries dont je m’honore, car cela montre plutôt que l’indifférence l’intérêt, et c’est pour moi le meilleur des hommages qu’on s’intéresse à ce qu’on fait, le pire serait que nous disparaissions dans l’indifférence publique. Le redressement, c’est qu’il y a affaissement. En 10 ans, 750.000 emplois industriels détruits, un nombre d’usines incalculable est dans la crise. Les élus que nous sommes, que j’ai été, ont vécu des moments extrêmement douloureux que nous n’avions pas connus depuis très longtemps, de destruction d’outils industriels pourtant viables, dans une période normale où les données financières se seraient comportées normalement. Il est vrai que la montée de la colère de l’opinion publique, j’appelle opinion publique salariés, entrepreneurs, petits patrons, contre le système financier, et les élus ne font pas exception car ils portent la parole de la société toute entière, est devenue tout à fait centrale. C’est donc un des choix que de dire qu’il faut redresser nos capacités de créativité industrielle, de production industrielle, si nous ne voulons pas perdre notre souveraineté économique. C’est donc un langage extrêmement clair et ferme. Pour ceux qui chercheraient des comparaisons, je voudrais leur rappeler qu’en 1933, le grand Président des Etats-Unis Franklin ROOSEVELT, avait imaginé après sa première élection où il avait mis au pas le système financier dans des proportions inimaginables qui ont laissé d’ailleurs la grande loi Glass-Steagall Act, qui d’ailleurs devrait nous inspirer pour réformer le système financier et bancaire européen et national, je me souviens que le Président ROOSEVELT avait utilisé la formule du redressement industriel national. Il y a donc des similitudes entre la grande dépression de 1929 et les dégâts incalculables que certains grands romanciers dans le domaine de l’agriculture avait scénarisé John Steinbeck et les raisins de la colère, et la période actuelle où je vous le dis dans les territoires industrialisés, je vois ici les élus de l’Est de la France, comme j’en suis un autre, cet endroit où le désespoir a remplacé l’espoir, l’espoir de trouver les moyens de faire son travail et dans toutes les couches de la société. Qu’on soit patron, ouvrier, agriculteur, on pense aujourd’hui dans la tête majoritaire de nos concitoyens que la période où nous pouvions produire et vivre de notre travail est révolue. Ce n’est pas notre opinion, et il faut donc aujourd’hui faire de l’industrie, c’est le sens de la mobilisation décidée par le Président de la République, le fait qu’il ait décidé que le ministère de l’Industrie serait un ministère de pleine capacité, de plein exercice, qu’il dispose de l’autorité conjointe, et conjointement exercée avec le Ministre de l’Economie et des Finances sur l’agence des participations de l’Etat, une première, c’est donc il est vrai dans la direction du Trésor, lieu très feutré, un séisme auquel j’ai indiqué aux hauts fonctionnaires loyaux qu’il faudrait qu’ils s’habituent à vivre avec. Et en effet, nous allons faire avec les possessions patrimoniales de l’Etat non pas une simple politique financière, mais une politique industrielle. C’est une révolution mentale qui commence à s’accomplir. Et je voudrais vous dire en quelques mots, sans déflorer les éléments de reconquête industrielle que je présenterai avec l’accord du premier Ministre dans les jours, les semaines qui viennent, et que nous déclinerons au fur et à mesure des évènements nationaux, la grande conférence sociale est une étape, la première réunion de la conférence nationale industrie en est une autre, et ainsi de suite au fil des évènements économiques de notre pays, la création de la BPI en sera un troisième pour ce qui concerne l’agenda chargé de l’été, et après l’été il y aura l’automne, avant que bien sûr nous espérons un hiver qui sera un peu plus chaud que l’été que nous avons eu. Cela veut indiquer finalement que nous avons décidé de faire de la question de la renaissance industrielle une grande cause nationale. Nous souhaitons d’abord unifier les forces sociales et les forces économiques autour de cet objectif, c’est-à-dire que de la CGT, Force Ouvrière, l’ensemble des organisations syndicales, aux organisations patronales, certaines ici sont représentées, soient capables de s’unir autour de cet objectif de redressement. Alors évidemment, dans ce débat, beaucoup des questions que vous posez seront sur la table, et nous n’avons pas l’intention de faire l’autruche, d’esquiver les questions, les problèmes, nous les regardons ensemble, en face. Une nation qui accepterait de perdre son indépendance économique, productive, ce qui est en train de se produire, avec 70 milliards de déficit extérieur, nous importons plus 70 milliards que nous n’exportons, il y a là les débuts d’une dépendance, et pas seulement financière, mais également productive et industrielle. Le pays qui ne produit pas est dans la main des pays qui produisent. Allons-nous devenir les consommateurs des produits des autres ? Allons-nous laisser l’Asie avec ses excédents investir de façon considérable dans les produits de demain, les technologies de demain, sans réagir nous les européens ? La réponse est non, donc la mobilisation nationale autour de l’appareil industriel a sonné, nous allons le faire par tous les moyens disponibles, dans le respect des intérêts divergents des uns et des autres. La petite entreprise n’a pas le même intérêt que le grand groupe qui fait la croissance sur les continents extérieurs. Mais, elles ont des intérêts communs qui s’appellent la France. C’est le patriotisme économique qui nous unit, c’est le patriotisme économique qui doit nous rassembler. J’appelle « unifier », certains emploient l’expression que j’apprécie beaucoup, je le remploie parfois, « de la chasse en meute ». Les pays qui ont tiré leur épingle du jeu dans la période difficile que nous venons de traverser, et que nous ne voudrions pas prolonger, sont les pays qui ont su unir les puissances publiques, qu’elles soient locales, nationales ou continentales, pour nous c’est l’Europe, l’Union européenne, et les petites entreprises, les écosystèmes de PME, et les grands groupes. Le travail qui a été fait sur la question de la sous-traitance par Monsieur Jean-Claude VOLOT – je prends l’habitude de le saluer car il a fait un travail tout à fait considérable – il a créé à lui tout seul une agence de notation des donneurs d’ordres qui commencent à le craindre, c’est bon signe. C’est-à-dire par la simple régulation morale et médiatique, il a dit les secteurs qui se comportaient bien en nommant les entreprises, en appelant à leurs responsabilités individuelles, les grandes entreprises donneuses d’ordres vis-à-vis des sous-traitants. C’est un progrès important que non seulement nous avons salué, que j’ai salué au nom du Gouvernement, mais que nous voulons amplifier. Je sais qu’il y a des projets, des propositions de loi en circulation sur l’amélioration des relations donneurs d’ordres/sous-traitants, nous sommes attentifs à ces propositions. Nous ne voulons pas, par des lois trop rapidement élaborées, insuffisamment travaillées avec les professionnels, déstabiliser des relations, mais nous pourrions imaginer beaucoup de choses avec les professionnels, les parlementaires, et je ne peux que les encourager en ce sens de manière à ce que nous puissions, plutôt que nous diviser, nous unir autour d’un même objectif ; augmenter nos capacités productives, nos emplois et nos capacités industrielles, et notre compétitivité. Si la question la compétitivité/coût a été évoquée tout à l’heure, elle le sera de façon récurrente, elle sera au centre de la discussion de la grande conférence sociale, j’inviterai les syndicats comme les organisations patronales, à en débattre en confrontant les points de vue. J’aurais à mes côté d’ailleurs, autour de la table ronde du redressement productif, Louis GALLOIS comme facilitateur, c’est-à-dire comme personnalité extérieure qui apportera son éclairage, son expérience, sa connaissance aussi de l’industrie bien entendu, mais aussi du dialogue social dans les entreprises européennes. Nous avons de quoi éclairer l’esprit de tous, et nous donner la main autour du projet de redressement productif. Nous avons à nous unir aussi sur la question énergétique, l’énergie, car il y a trois facteurs de production, tout le monde parle du prix du travail et de la protection sociale – j’ajouterais car ce n’est pas seulement le prix du travail, c’est aussi le prix de la protection sociale qui en effet aujourd’hui est d’abord localisé par les prélèvements obligatoires dans le processus productif – il y aussi le prix du capital, c’est un sujet important, la gourmandise du système financier. Nous avons accepté une dérive de l’anglosaxonisation de notre système économique, nous le payons très cher. Le LBO, l’abus du ROE. La gourmandise et la cupidité dirait un grand prix Nobel Monsieur STIGLITZ qui fut un grand conseiller du Président CLINTON, relayé par d’autres grands économistes, reconnaissent aujourd’hui que les excès de gourmandise des uns font concurrence aux problèmes posés par la compétitivité qui tire toujours le salaire ou le prix du travail à la baisse quand le capital, lui, continue à maintenir ses revenus et ses marges. Nous avons là des problèmes à mettre sur la table. Le coût de l’énergie, le troisième facteur de production, nous avons été très compétitifs dans notre histoire grâce aux investissements que notre nation a pu faire dans le passé, vous les connaissez, je n’y reviens pas. Gardons cet avantage compétitif et battons-nous contre tout ce qui pourrait conduire à le diminuer. De ce point de vue-là, nous mènerons le grand débat énergétique national et nous le ferons dans la diversité des opinions. Et je crois que nous sommes capables, dans l’intérêt de notre pays qui est le nôtre, de regarder les choses en face. Nous ne sommes pas aveuglés par telle ou telle vision du problème, la vérité sortira de la confrontation constructive des points de vue. Nous avons besoin aujourd’hui de défendre notre compétitivité prix à travers tous ces aspects. Enfin, la question européenne n’est pas neutre dans l’univers dans lequel nous voulons reconstruire notre industrie. Enfin, j’ai envie de dire, nous avons un relevé de conclusions vendredi dernier, nous en avons parlé abondamment tout à l’heure au conseil des Ministres, autour du Président de la République et du Premier Ministre, qui pour la première fois, dans le langage officiel des chefs d’Etat et de Gouvernement, place la question de la réciprocité au cœur des préoccupations des politiques commerciales de l’union. Comme le disait un certain nombre d’intervenants, l’Europe peut être ouverte, mais ne sera et ne pourra pas être offerte. Nous demandons à nos amis européens d’imaginer ce que doit être un monde dans lequel l’Union européenne se bat à armes égales. Nous ne demandons pas de tirer de protection excessive et d’absence de concurrence des avantages indus de la compétition mondiale. Nous demandons à avoir le droit de nous défendre là où d’autres commettent des abus de concurrence déloyale, là où d’autres utilisent la monnaie, la manipulation monétaire contre l’Euro qui n’est pas dirigé politiquement, utilise les fonds souverains et l’argent public là où nous sommes interdits de le faire, utilisent de la commande publique là où tout est surveillé au millimètre près. Nous demandons d’avoir le droit de nous défendre et de ne pas mourir guéris des remèdes de l’Union européenne. Est-ce que nous pouvons avoir ce droit ? Nous le réclamons et je suis heureux qu’en plus de la taxe sur les transactions financières qu’est le premier impôt sur le système financier, et justifié, créé par l’Union européenne pour pouvoir – je l’espère – s‘élargissant avec le taux et l’assiette, épargner d’autres catégories socioprofessionnelles, les classes moyennes et classes populaires qui ont besoin de pouvoir d’achat pour notre croissance, mais aussi les entreprises, qu’elles soient petites ou grandes, qui n’ont pas besoin de voir excessivement les impôts augmenter pour venir au secours du système financier qui a commis de graves erreurs. Donc, la taxe sur les transactions financières permet de faire l’union des entreprises et de la société autour de nos outils de travail et nos savoir-faire industriels, face à un système financier qui nous a mis dans de graves difficultés et qui devra assumer la responsabilité qui est la sienne. L’Union européenne a donc fait un pas en avant important. J’ai salué et je salue ici le travail accompli par les quatre grands pays de la zone Euro, qui en coopération renforcée ont créé cette taxe sur les transactions financières, admis les mécanismes de supervision bancaire et y compris au prix de modifications des managements, renforcer le rôle de la banque Centrale Européenne, et ont construit les conditions d’impact de croissance permettant d’équilibrer le rétablissement des comptes publics dans tous les pays par un apport d’argent pour l’ensemble des pays membres à travers la BEI ressuscitée en quelque sorte et réactivée, qui nous permettra de financer, et j’ai bien insisté sur ce point-là au conseil des Ministres, des projets que notre Grand Emprunt ne permettrait plus de financer, que nos systèmes de financement public n’auraient pas les capacités financières de financer. Enfin, c’est le point final de cette intervention, je ne veux pas être trop long pour ne pas vous accabler, parce que c’est l’heure du repas, et puis surtout prolonger inutilement la souffrance de voir que nous sommes en train de prendre des décisions volontaristes. Et si je voulais résumer l’action que je vous propose tous, c’est de passer d’un modèle libéral financier ; libéral, ça veut dire faites ce que vous voulez, on s’en moque, vous avez le droit de tout faire, même le pire, parfois le meilleur, mais parfois le pire, libéral c’est vous êtes libres, et financier c’est d’abord parce que l’intérêt financier prime, l’intérêt industriel, l’intérêt économique, l’intérêt humain tout simplement. Je parlais d’anglosaxonisation, les LBO en sont la caricature, et nous avons beaucoup de dégâts sur le terrain avec ce surendettement dans la prise de participation ou de fusion-acquisition entreprises. Il faudra y mettre un terme, et en tout cas encadrer, réguler sévèrement ces abus de manière à respecter les outils industriels, ce que l’on appelle le capitalisme familial ou patrimonial - comme vous l’exprimez Monsieur GATTAZ – contre la finance préférant l’industrie, préférant les capitaines d’industrie plutôt que les rentiers de la finance. Voilà, c’est notre préférence collective, c’est ça un modèle libéral financier qui s’éteint peu à peu par des décisions politiques que nous allons prendre pour le remplacer par un modèle entrepreneurial, innovant et patriotique. Entrepreneurial, parce que nous voulons exalter celui qui prend le risque, pas le financier qui refuse de mettre 150.000 euros dans une affaire en Saône et Loire, invoquant le risque, surtout quand ladite banque a perdu 5 milliards dans les Subprimes. Je pense que là, on peut quand même relativiser le sens du risque. Je parle du risque sur ses fonds personnels, dans sa vie personnelle, familiale, et aussi même dans sa croyance personnelle d’assumer le fait de s’être peut-être trompé, et c’est là je crois le sens de l’entrepreneur. Les capitaines d’industries sont, je crois, des figures qui appartiendront à cette période du redressement productif. Et personnellement, au nom de la République, du Gouvernement, j’en récompenserai le plus possible. Plus nous en aurons, mieux cela vaudra. Et ils devront être aidés par le système financier que nous allons réformer en profondeur avec la Banque Publique d’Investissement - je reprendrai ce débat, je ne veux pas l’allonger, plus tard – et évidemment innovant parce que, comme beaucoup l’ont dit, nous sommes une force scientifique d’innovation, de créativité, nous avons un génie créatif et je suis malheureux lorsque je vais au MIT à Boston, tout près d’Harvard, de contempler à quel point nos cerveaux sont allés se mettre au service d’autre forces productives. Donc, à nous de travailler à la diffusion technologique dans les territoires, nous avons des lieux de croissance sur la carte de France, là où les mélanges entre public-privé, grands groupes-PME, recherche-production, et entreprises, a pu se réaliser harmonieusement. SACLAY en est un exemple, mais nous pourrions parler de MINATEC à Grenoble. Il y a des régions qui sont en croissance, qui créent des emplois, et il y a des régions qui n’ont pas fait cet investissement à ce moment-là et qui sont en décroissance, pas seulement démographique, mais aussi économique, et nous le ressentons très durement dans cette France que Paul DELOUVRIER en 1947 désignait sous la forme du désert français. Il y a une reconstitution avec la métropolisation de notre pays, une reconstitution du désert français. Une PME dans une métropole n’a pas les mêmes chances de survivre qu’une PME dans une région plus rurale. Nous voulons travailler à la diffusion technologique sur nos territoires, de la recherche technologique et d’une alliance avec l’industrie locale, et créer, en plus de notre tradition historique, des grandes filières verticales qu’il faut maintenir, renforcer, c’est le sens du travail qui a été fait, et qui est positif à mes yeux, par la conférence nationale de l’industrie, par l’horizontalité complémentaire des écosystèmes, des territoires, des collectivités locales, des systèmes de financement locaux, des créateurs sur les territoires où ils doivent continuer à créer, innover, investir, développer et faire la croissance de demain. C’est cet équilibre-là que va désigner la BPI, la Banque Publique d’Investissement. Nous ne voulons pas refaire un énième mammouth étatique centralisé. Nous avons besoin de cohérence nationale, de solidarité nationale, de vision nationale. Mais, nous avons besoin aussi d’horizontalité sur les territoires, nous avons besoin d’associer les entrepreneurs locaux, les conseils régionaux qui auront cette compétence pilote et plus que de chef de filat, peut-être exclusive, on ne sait pas encore, le débat aura lieu, sur le pilotage économique. En tout cas, il sera nécessaire d’imaginer des alliances sur les territoires, et de l’autonomie de décision. Voilà Mesdames et Messieurs ce que je peux dire à l’issue de vos travaux, nous avons besoin de vous tous, nous avons besoin de tous les français. D’abord pour faire de la question du redressement industriel, du renouveau industriel, une question qui appartienne à la responsabilité de chacun. Chaque français où qu’il se trouve, quelle que soit sa place dans la société, son histoire et sa géographie, a une responsabilité que nous partageons tous de reconstruire notre avenir économique. Nous le ferons en échangeant des idées, en nous entraidant, en agissant les uns avec les autres. Dans la compétition mondiale, la coopération est la meilleure arme. Je disais souvent, pour avoir créé, tel l’architecte des primaires dans mon parti politique qui était assez divisé, les primaires ce n’est pas la compétition à tout craindre, c’est un système qui est à la fois dans la compétition et la coopération. Les anglo-saxons, toujours eux et encore eux, ont inventé le mot « coopétition », c’est un mélange où on se donne la main même si on est des concurrents, on travaille ensemble même si on n’a pas les mêmes intérêts, et où on construit une unité nationale d’essence patriotique autour du redressement de notre économie. Mesdames et Messieurs, il me reste à vous remercier de votre engagement civique et patriotique, vous dire que la France a des ressources extraordinaires, des atouts formidables. Nous y croyons tous, je crois, et à nous d’ailleurs de dire à nos concitoyens que nous pouvons nous saisir de ces atouts pour qu’eux aussi se remettent à croire en la France. Vive le redressement productif de notre pays, vive la République et vive la France.